Contaminants

PFAS : la campagne nationale de l'Anses révèle l'omniprésence du TFA dans l'eau du robinet

La campagne nationale de mesure des PFAS dans l'eau destinée à la consommation humaine montre peu de dépassements de la limite réglementaire, mais une présence quasi généralisée de l'acide trifluoroacétique.

Anses · 3 décembre 2025 · 8 min de lecture

Technicienne analysant des échantillons d'eau en laboratoire

L'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a conduit une campagne nationale de mesure des substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) dans l'eau destinée à la consommation humaine. L'objectif : disposer, pour la première fois à cette échelle, d'une photographie du niveau de contamination du réseau français avant l'entrée en application des nouvelles obligations de surveillance.

Le constat est double. Les dépassements de la limite de qualité fixée pour la somme de vingt PFAS restent rares. Mais une molécule domine très largement les résultats : l'acide trifluoroacétique (TFA), un composé ultra-court, extrêmement mobile et très difficile à éliminer par les filières de traitement classiques.

20

PFAS visés par la limite réglementaire européenne

0,1 µg/L

Limite de qualité pour la somme des 20 PFAS

TFA

Molécule la plus fréquemment quantifiée

Pourquoi le TFA change la donne

Le TFA n'est pas inclus dans la liste des vingt PFAS encadrés par la directive européenne sur l'eau potable. Il échappe donc au calcul du dépassement, alors même qu'il est la substance la plus souvent détectée. Il provient notamment de la dégradation de certains pesticides fluorés et de gaz réfrigérants.

Les filières classiques — coagulation, filtration sur sable, désinfection — n'ont aucun effet sur cette molécule. Même le charbon actif, efficace sur les PFAS à chaîne longue, la retient mal. Seules des techniques membranaires poussées comme l'osmose inverse permettent de l'abattre significativement.

Ce que cela implique pour les collectivités

  • La surveillance réglementaire des PFAS est désormais intégrée au contrôle sanitaire de l'eau potable.
  • Les ARS publient les résultats par unité de distribution, consultables commune par commune.
  • Les collectivités concernées par un dépassement doivent engager un plan d'action et informer les usagers.
  • Le coût des traitements avancés pèse directement sur le prix de l'eau.

« La question n'est plus de savoir s'il y a des PFAS dans l'eau, mais lesquels, à quelle concentration, et ce que l'on décide de réglementer. »

Synthèse de L'Observatoire de l'Eau

Pour les usagers, l'information reste accessible : les résultats du contrôle sanitaire sont publics et consultables sur le site du ministère de la Santé, par commune et par réseau de distribution.

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