Contaminants

Pesticides : les métabolites, premiers responsables des non-conformités de l'eau du robinet

Ce ne sont plus les molécules actives mais leurs produits de dégradation qui déclassent le plus souvent l'eau distribuée en France. L'ESA-métolachlore en tête.

Anses · 22 mai 2024 · 8 min de lecture

Pulvérisateur agricole traitant un champ bordé d'un cours d'eau

Quand un pesticide est épandu, il se dégrade. Les composés issus de cette dégradation, appelés métabolites, peuvent être plus mobiles et plus persistants que la molécule mère. Ce sont eux qui, aujourd'hui, expliquent la majorité des dépassements constatés dans l'eau distribuée.

Le cas de l'ESA-métolachlore

L'ESA-métolachlore, issu d'un herbicide largement utilisé en grandes cultures, a été classé comme métabolite pertinent, puis a fait l'objet de réévaluations successives. Ce classement conditionne directement le nombre de communes déclarées non conformes.

L'enjeu est méthodologique autant que sanitaire : selon qu'un métabolite est jugé pertinent ou non, la limite applicable passe de 0,1 à 0,9 microgramme par litre. Un même résultat d'analyse peut donc faire basculer une commune d'un côté ou de l'autre de la conformité.

0,1 µg/L

Limite par métabolite pertinent

0,5 µg/L

Limite pour la somme des pesticides

0,9 µg/L

Valeur applicable aux métabolites non pertinents

Une question de ressource, pas de robinet

Les traitements curatifs — charbon actif, résines — fonctionnent, mais coûtent cher et reportent la charge sur la facture d'eau. La protection des aires d'alimentation de captage reste le seul levier durable, comme le rappellent régulièrement les agences de l'eau.

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